Rendre visibles, certifiables et stratégiques les compétences informelles : DACUM comme levier d’identification
L’article Employabilité et rôle des compétences acquises de manière non formelle et informelle publié par transfer.vet éclaire à partir du cas de la Suisse une dynamique essentielle du monde du travail contemporain : les compétences issues de l’expérience, du terrain et des situations non formelles jouent un rôle déterminant dans l’employabilité.
Or, ces compétences sont souvent invisibles, difficilement communicables et rarement reconnues par les systèmes de certification. Le paradoxe est d’autant plus grand que ce sont précisément ces compétences qui intéressent de plus en plus les employeurs, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de transformation rapide des métiers.
C’est ici que DACUM trouve toute sa pertinence.
Méthodologie inductive, issue de l’analyse du travail réel, DACUM permet de rendre visibles, partageables et évaluables les compétences professionnelles – y compris celles qui ne relèvent pas de la formation formelle. Elle agit comme une passerelle méthodologique entre ce qui se fait concrètement dans les entreprises et ce qui peut être formalisé pour la reconnaissance, la formation et la certification.
Les messages clés de l’article suisse (« lever les yeux de la pure certification formelle », « documenter les performances informelles », « coordonner les processus RH ») entrent en résonance directe avec les pistes de modernisation du DACUM portées aujourd’hui par l’ACFP-CVA :
Vers un “DACUM augmenté” pour répondre aux enjeux contemporains
Reconnaissance des acquis de l’expérience (RAE) et perméabilité aux certifications
DACUM doit devenir un outil central dans les dispositifs de validation des acquis non formels, en apportant une structure de compétences directement issue de l’observation de terrain. Cela permettrait de fluidifier les passerelles entre l’informel et les certifications modulaires ou les micro-qualifications.
Micro-certifications et modularisation
Les grilles DACUM sont naturellement découpables en blocs de compétences. Elles peuvent donc être directement utilisées comme fondement des micro-certifications, en ligne avec les approches CEDEFOP et France Compétences.
Titres de compétences numériques et badges vérifiables (par blockchain)
DACUM peut fournir un socle fiable pour des badges numériques vérifiables, intégrables dans des plateformes comme Europass ou LinkedIn Learning. Il est urgent de travailler à leur reconnaissance dans les marchés de l’emploi et les cadres nationaux.
Appui aux RH et à la gestion des talents
Le rôle de DACUM peut aussi s’élargir au développement d’outils de gestion des compétences en entreprise, appuyant les processus RH de recrutement, d’intégration et de développement interne.
Utilisation dans les pays émergents et contextes sous-financés
Enfin, DACUM est particulièrement adapté pour les pays ou contextes où les dispositifs formels sont peu développés : analyse de métier, structuration d’offre de formation et reconnaissance en entreprise peuvent y être menées rapidement et à moindre coût.
Conclusion
L’article suisse conclut qu’il faut mieux coordonner les processus RH, documenter les compétences informelles, et impliquer activement les personnes dans leur développement professionnel. C’est exactement ce que DACUM permet de faire, à condition de le positionner comme un outil stratégique, au cœur des transformations de la formation, de la reconnaissance des compétences et des dynamiques RH.
Le DACUM de demain continuera à décrire les métiers. Il doit aussi connecter l’expérience au diplôme, les RH à la stratégie compétences, et les individus à la reconnaissance de leur potentiel.
Pour en savoir plus sur DACUM, veuillez contacter
Bruno Chauvel, Vice-président de l’ACFP chauvel@cva-acfp.org
Mai 2026

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